Paul Claudel - Réseau des maisons d'écrivain et patrimoines littéraires – Hauts-de-France Paul Claudel - Réseau des maisons d'écrivain et patrimoines littéraires – Hauts-de-France

Paul Claudel

1868-1955


Me voici de nouveau dans ce Villeneuve que vous aimez et qui est plein pour moi de souvenirs […]
C’est ici seulement que j’ai l’impression de la patrie et d’être profondément compris de tout ce qui m’entoure, vraiment autochtone.

Lettre de Paul Claudel à son ami Francis Jammes, 1911

Paul Claudel naît le 6 août 1868 à Villeneuve sur Fère. Après la naissance de ses deux sœurs, Camille (1864-1943) et Louise, il est le dernier enfant de Louis-Prosper Claudel, receveur de l’enregistrement à Fère-en-Tardenois et de Louise Cerveaux, originaire de Villeneuve-sur-Fère.

A partir de 1870 Louis-Prosper Claudel va occuper différents postes dans l’Est de la France et la famille ne reviendra à Villeneuve que pour les vacances.

En 1881 La famille s’installe à Paris. Camille entre dans l’atelier de sculpture Colarossi, Paul est élève au lycée Louis-le-Grand. Il intègre ensuite l’Institut des Sciences politiques. Reçu premier au concours des Affaires étrangères il choisit d’entrer dans la carrière consulaire. Plus tard il se définira ainsi lui-même : « je suis à la fois un voyageur et un enraciné »

En 1886 la lecture des Illuminations et d’Une Saison en Enfer d’Arthur Rimbaud le bouleverse.  La même année assistant à l’office de Noël à Notre-Dame il se convertit.

Durant ces années parisiennes Camille et Paul fréquentent les mardis de Mallarmé et rencontrent les jeunes écrivain, peintres et musiciens qui vont faire partie des artistes les plus connus de cette fin de siècle et du début du XXème siècle. Dans Mémoires improvisés, Paul Claudel s’exprime sur sa vocation précoce d’écrivain : « Dès que j’ai eu treize ou quatorze ans, je me suis trouvé une vocation d’écrivain, ou de poète. »

C’est ainsi qu’en 1887 il écrit sa première pièce L’Endormie qu’il envoie au théâtre de l’Odéon ; le comité de lecture du Théâtre la refuse.

Dès 1889, suit une intense période de création, notamment pour le théâtre avec Tête d’Or, suivi par La Ville en 1890, puis par La Jeune fille Violaine en 1892.

En 1893 Paul Claudel est nommé vice-consul à Boston et commence une carrière qui le tiendra éloigné de son pays et de sa famille. Il entretient une correspondance suivie avec ses amis Marcel Schwob, Maurice Pottecher, Camille Mauclair, et sa sœur Camille.

Entre 1893 et 1894 il écrit L’Échange, dont l’action se passe en Amérique. La pièce, à quatre personnages, frappe par sa structure presque classique. Claudel revient aussi sur Tête d’Or dont il écrit une deuxième version, et commence une traduction de l’Agamemnon d’Eschyle qui restera pour lui le plus grand des dramaturges grecs.

À partir de 1895 quand il est nommé consul à Shanghaï, Paul Claudel passera 15 ans en Chine, pays dont la civilisation le fascine. Avec Vers d’exil en 1895, Connaissance de l’Est, poèmes en prose (1895-1900), Cinq grandes Odes (1904-1908), l’écrivain s’est tourné davantage vers la poésie, dans le rythme prosodique, le verset, qui dit-il, « lui est entièrement naturel. »

Lors d’un retour de congé en France en 1900, sur le bateau qui le ramène en Chine Paul rencontre Rosalie Vetch, mariée et mère de famille. Une folle passion les unit pendant quatre ans jusqu’à la rupture. L’écrivain traverse une crise profonde dont il se délivre par l’écriture, Partage de midi, écrit à Villeneuve en 1905. Plus tard dans Le Soulier de satin écrit entre 1920 et 1924, Claudel reviendra sur l’histoire déjà racontée dans Partage de midi pour lui apporter en quelque sorte dénouement sous une forme apaisée.

En 1905 Camille et Paul Claudel séjournent à Villeneuve, puis passent le mois d’août dans les Pyrénées chez Francis Jammes. Camille commence le buste de son frère « Paul à 37 ans », Paul écrit Camille Claudel statuaire, publié dans la revue L’Occident.

Avant un nouveau départ pour la Chine en 1906 Paul Claudel épouse Reine Sainte-Marie Perrin dont il aura cinq enfants. Sa production littéraire est plus variée, textes de circonstances, poèmes, réflexion sur la place du poète dans la cité, transcription de contes chinois.

Il revient au théâtre en 1910 avec L’Otage et L’Annonce faite à Marie première pièce de l’écrivain montée en France par Lugné-Poe. A partir de ce moment Paul Claudel occupe plusieurs postes en Europe comme consul général, à Prague, puis à Francfort et à Hambourg où la déclaration de la guerre va le surprendre en 1914.

Faisant suite à L’Otage, Le Pain dur  (1913) et Le Père humilié (1916) forment ce qui est souvent présenté sous le titre de Trilogie des Coûfontaine

De 1914 à 1918 Paul Claudel est envoyé dans différentes missions pour le gouvernement français dont celle de Ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro

Après un passage aux Etats-Unis, il est nommé 1921 ambassadeur au Japon où il restera jusqu’en 1927. Paul Claudel retrouve l’Extrême-Orient et se passionne pour la culture japonaise. De cette période de grande production on peut retenir Le Soulier de satin, Cent Phrases pour Eventails, de nombreux poèmes.

En 1927     Paul Claudel est nommé ambassadeur aux Etats-Unis. Quand sa mère vend la maison familiale de Villeneuve à son neveu, Paul Claudel s’éloigne du pays de son enfance et achète du château de Brangues dans l’Isère.

Deux pièces-oratorios écrits avec ses amis musiciens Darius Milhaud et Arthur Honegger, Le Livre de Christophe Colomb, et Jeanne d’Arc au bûcher vont clore en quelque sorte la carrière de dramaturge de l’écrivain.

En 1936     Paul Claudel prend sa retraite après son denier poste d’ambassadeur à Bruxelles. A partir de cette date il partage sa vie entre Paris et Brangues et se consacre essentiellement à un travail de commentaire sur la Bible.

Paul Claudel est élu à l’Académie française en 1946. Parmi ses derniers textes on peut citer Ma sœur Camille, pour le catalogue de l’exposition Camille Claudel au musée Rodin en 1951 et Les Vitraux de La Ferté-Milon en 1953.

Entre 1951-1952, quarante-deux entretiens radiophoniques avec Jean Amrouche ont été enregistrés sous le titre de Mémoires improvisés.

Paul Claudel est mort à Paris, le 23 février 1955.

Biographie établie par l’association Camille et Paul Claudel

Retour en haut