Jean Calvin - Réseau des maisons d'écrivain et patrimoines littéraires – Hauts-de-France Jean Calvin - Réseau des maisons d'écrivain et patrimoines littéraires – Hauts-de-France

Jean Calvin

1509-1564

© Portrait de Jean Calvin âgé de 53 ans, René Boyvin, gravure au burin, XVIe siècle, Musée Jean Calvin, Noyon, MN 843

« En attendant, ce que je n’aurais pas cru possible, je vis, survivant à ma patrie. La ville où je suis né vient d’être totalement dévorée par un incendie, et chaque jour nous sommes réduits à apprendre les horribles malheurs de toute la Picardie. »

Lorsque Calvin écrit ces lignes, il vit réfugié à Genève, exilé de sa terre natale. Il confie dans une lettre à un proche, en 1552, ses observations et son analyse de la situation, alors que la Picardie est dévastée par les troupes espagnoles.

Jean Calvin est le fils de Gérard Cauvin, greffier de la cathédrale de Noyon proche du clergé local, et de Jeanne Lefranc. En 1521, à l’âge de 12 ans, il est tonsuré et reçoit une partie des bénéfices de la chapelle de la Gésine, à la cathédrale. Son père le destine en effet à la prêtrise et l’envoie commencer ses études à Paris en 1523, au collège de la Marche, puis au collège Montaigu. Pourtant, il poursuit sa formation par des études en droit de 1528 à 1531, à Orléans puis à Bourges, suite aux brouilles que connaît son père avec le chapitre de la cathédrale de Noyon.

Déjà éveillé aux idées de la Réforme par Pierre Robert Olivétan (1506 à Noyon – 1538), son parent, Calvin rencontre à Bourges Melchior Wolmar (1497-1560), son professeur de grec, allemand et luthérien convaincu, avec qui il poursuit son initiation. À la fin de l’année 1533, le jeune Calvin révèle ses convictions dans le discours de Nicolas Cop, recteur de l’Université de Paris. La doctrine de la justification par la foi y est exposée. La fuite à laquelle Calvin est contraint après la réception du discours engage en effet à penser qu’il aurait participé à la rédaction de ce texte, avec Nicolas Cop. Il ne revient dès lors que très occasionnellement en France, pour régler ses affaires. Il part pour Bâle en 1535, où il commence l’œuvre de sa vie, L’Institution de la religion chrétienne, dont la première édition en latin paraît en mars 1536 et qui contient l’essentiel de sa foi.

En 1536 également, il est retenu à Genève par Guillaume Farel, qui avait fait voter par le conseil général de la ville le passage à la Réforme (21 mai 1536), et provoque ainsi le départ du clergé catholique. Tous deux sont bannis de la cité en mai 1538, et Calvin part s’installer pour trois années à Strasbourg, où il épouse en 1540 la veuve Idelette de Bure. Il y rencontre aussi Martin Bucer, qui a introduit dans cette ville la Réforme luthérienne.

En septembre 1541, les magistrats genevois se voient contraints d’inviter Calvin à revenir. Il reste à Genève jusqu’à sa mort en 1564 et y impose le pouvoir spirituel, indépendant du pouvoir politique. Il s’adonne à des activités engagées pour la Réforme, que sont la prédication, l’enseignement, et l’écriture, qui demeure néanmoins sa préférée, pour l’introspection qu’elle permet.

Retour en haut